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Martin Bissière, né en 1962, vit et travaille à Paris. Dès le début des années quatre-vingt-dix, son travail tourne autour de l'accident, du désir et de la violence. En 1997, la découverte des travaux de l'anthropologue René Girard sur le désir mimétique, l'amène à se reconnaître dans la description du désir humain en perpétuelle expansion qui débouche tôt ou tard sur la rivalité, puis sur la violence. Martin Bissière travaille sur et contre la peinture. Il cherche à débusquer son identité de peintre dans le "sacrifice" d'innombrables images qui sont autant des modèles que des obstacles. Ses oeuvres sont traversées d'une gestuelle énergique, tachées de glacis colorés et de formes qui se construisent, puis se disloquent, métaphores d'un "paradis instable". Jour après jour, tableau après tableau, il tente de gagner sa place dans une hiérarchie de peintres toujours en mouvement. Les oeuvres exposées à l'Arsenal dessinent tes tumultes d'une vingtaine d'années où les séries s'enchaînent. Baroque, Vénus, Décor pour un film américain, Shaolin Art Center, La Montée des extrêmes, toutes témoignent des multiples formes du désir d'un peintre appliquées au seul champ de la peinture. La dernière série, Oxygène, constate l'épuisement du moteur mimétique et s'éloigne de l'air vicié de La Montée des extrêmes.